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Apéros Agiles Montpellier

Apéro agile Montpellier de mai 2022 : agilité et certifications, où en est-on ?

Le thème

Ce mois-ci, nous nous sommes réunis pour échanger sur le sujet des certifications à l’agilité.

Le déroulement

Nous étions assez peu nombreux pour cet apéro, annoncé un peu à la dernière minute (7-8 de mémoire), mais les échanges ont été variés, argumentés et nous ont occupé pendant plus d’une heure et demi sans qu’on voie forcément le temps passer !

A noter que le groupe présent était composé de personnes avec des niveaux d’expérience très divers en agilité. Mais même parmi les personnes les plus expérimentées, tout le monde ne disposait pas forcément d’une certification. Deux participants seulement disposaient donc d’une ou plusieurs certifications à l’agilité, en particulier autour de Scrum, éventuellement de SAFe (Scaled Agile Framework).

Les paragraphes suivants n’ont pas vocation à être une bible sur le sujet de la certification, mais simplement d’essayer de retracer brièvement les échanges qui ont eu lieu. Vous avez le droit d’être d’accord ou pas avec ce qui a été dit, toujours est-il que les personnes présentes ont tâché de partager leurs points de vue dans un esprit constructif.

Pour les prochaines fois, venez participer aux débats !😉

Se faire certifier, ça apporte quoi ?

Plusieurs arguments ont été avancés.

La certification peut apporter un sentiment de légitimité. Légitimité face à un employeur, par exemple dans le cadre d’une recherche d’emploi. Légitimité face à un client, dans le cadre d’une prestation. Légitimité face à une équipe, pour se sentir rassuré.e quand on est remis en question, en tant que Scrum Master ou Product Owner par exemple, dans ses pratiques. Légitimité aussi pour une entreprise, par exemple ESN, qui chercherait à « placer » ses ouailles ou à s’afficher comme une entreprise avec un ADN agile.

La certification peut apporter un sentiment de sécurité. Quand on occupe certains rôles, comme ceux cités précédemment, on peut se retrouver un peu seul, à l’inverse de développeurs qui sont souvent plusieurs dans une équipe. Si en tant que Scrum Master, ou que Product Owner, je me plante, qu’est-ce qui se passe ? Qui peut redresser la barre à ma place ? Un peu comme le gardien de but qui n’a pas d’autre dernier rempart. Etre certifié peut nous rassurer quant à nos pratiques (sans que cela signifie qu’elles sont forcément bonnes…).

La certification peut apporter un vrai avantage sur le marché de l’emploi. Bonne chose ou mauvaise chose, la plupart des offres d’emploi pour recruter un Product Owner ou un Scrum Master aujourd’hui demandent une certification. Cela rejoint ce que nous écrivions quant à la légitimité vis-à-vis de l’employeur, précédemment.

Enfin, la certification reste quand même une machine à cash pour les organismes certifiants. Et quand certains organismes vendent pour un tarif plutôt accessible une certification valable à vie, d’autres n’hésitent pas à demander un renouvellement tous les ans, sans repasser un examen (à part celui d’arriver à saisir son numéro de carte bancaire), sous prétexte que « cela permet de voir les personnes qui sont réellement motivées ». Dans une société capitaliste, n’allons pas dire que tous les organismes certifiants sont des démons, cela reste un business comme un autre. Certains en abusent juste sans doute plus que d’autres.

N’est-ce pas dommage qu’autant de poids soit accordé aux certifications ?

Peut-être, surtout qu’après un certain nombre d’années d’expérience, la pratique terrain remplace sans commune mesure le fameux sésame obtenu après avoir passé un QCM de 80 questions.

Quand on a suffisamment bourlingué, le fait de se faire certifier ne devrait pas peser spécialement lourd. De la même façon qu’après dix années d’expérience professionnelle, on ne ressort pas forcément son CAP, son bac ou son diplôme d’études supérieures à chaque entretien d’embauche.

C’est à chacun de faire la part des choses : agilistes, mais aussi entreprises, et notamment les recruteurs qui doivent être en mesure de comprendre une telle chose.

Deux conseils pour nos lecteurs dans les ressources humaines seraient :

  • savoir de quoi vous parlez, afin de pouvoir faire la différence entre les candidats sans vous appuyer uniquement sur la notion de certification : dans une équipe agile, qu’attend-on d’un PO ? d’un facilitateur ? d’un équipier ?
  • vous appuyer sur vos équipes pour arriver à ce niveau de connaissance, par exemple par l’intermédiaire de sessions « vis ma vie » qui vous permettront de vous rendre compte des activités et qualités importantes dans vos équipes.

Parmi les personnes présentes pour ce Meetup, certaines avec beaucoup d’expérience en agilité ont d’ailleurs fait le choix de ne pas se faire certifier. Ce n’est pas quelque chose qui a eu un impact négatif quelconque sur leur carrière.

Quelles limites ?

Quand on parle de certification, on parle d’examen, et comme dans tout examen, on peut constater des dérives plus ou moins avouables.

Certaines personnes peuvent donc tout à fait se faire certifier « en groupe », avec quelqu’un qui peut les aider pendant le passage de l’examen, voire se faire compléter le QCM par une personne plus expérimentée. Cela les rendra-t-il de meilleurs agilistes pour autant ? Normalement, non.

Au-delà de ce genre de pratiques, il faut également bien comprendre qu’une certification acquise en 2010 par une personne qui n’aura pas pratiqué depuis n’a que peu de valeur. La personne peut avoir réalisé un sans-faute, l’expérience terrain accumulée par une autre personne non certifiée sur la même période aura énormément plus de valeur. Il faut donc faire attention à comparer ce qui est comparable.

Quoi qu’il arrive, passer une formation de qualité ne peut qu’être un bénéfice pour tout agiliste, débutant ou confirmé. De nombreux organismes proposent des formations à l’agilité aujourd’hui, en français, en distanciel ou en présentiel, avec des formats divers, allant de deux jours consécutifs à deux heures par semaine pendant dix semaines si on prend l’example de la formation proposée par Scrum Life.

Qui certifie ?

Si vous voulez vous faire certifier, il y a plusieurs organismes qui ont pignon sur rue. Si vous jugez qu’une information ci-dessous est inexacte, n’hésitez pas à nous le dire en commentaire, afin qu’on apporte une correction.

  • Scrum.org a été créé par Ken Schwaber, co-créateur de Scrum. C’est un organisme américain. Il permet d’être certifié, notamment, sur les rôles-clé de Scrum : developer, Product Owner, Scrum Master. Les certifications sont valables à vie et ne nécessitent pas de suivre une formation. Les tarifs sont plutôt accessibles (~200 USD). Les examens sont en anglais.
  • Scrum Alliance a aussi été co-créé par Ken Schwaber, avant qu’il ne migre vers Scrum.org. Les certifications portent également sur les rôles Scrum. Elles sont valables 2 ans et nécessitent de suivre une formation via un formateur accrédité Scrum Alliance. Les examens sont en anglais.
  • Scrum League est un organisme sur lequel nous avons très peu d’informations à ce jour. Il semblerait qu’il s’agisse d’une société francophone, avec des examens en français. Les certifications sont valables à vie et coûtent moins cher que via Scrum.org (80 à 120 €). Il n’est pas évident que cet organisme bénéficie de la même reconnaissance sur le marché que les deux précédents.
  • Scaled Agile, Inc. est l’organisme derrière le framework Scaled Agile Framework (SAFe). Ils certifient sur à peu près tous les rôles susceptibles d’exister dans une entreprise agile (en grossissant à peine le trait). A l’inverse des trois premiers, ils certifient les connaissances acquises sur le framework SAFe, et non pas Scrum. Passer l’examen exige de suivre une formation au préalable par un formateur accrédité de niveau SAFe Program Consultant ou supérieur.

Rendez-vous au prochain Meetup !

Un grand merci aux personnes présentes pour la qualité des échanges, et rendez-vous mercredi 22 juin pour un prochain Meetup !

Quelques liens utiles

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